Le 28 juin 2015, les banques grecques ont fermé leurs portes. Les Grecs ne pouvaient plus retirer que 60€ par jour de leurs propres comptes. C'était le point culminant d'une crise qui couvait depuis plus d'une décennie — une crise où des banques d'affaires américaines ont truqué les comptes d'un État, où des dirigeants européens ont imposé une austérité qui a fait plus de dégâts que la dette qu'elle était censée résorber, et où le peuple grec a payé le prix le plus lourd.
Source : Eurostat, AMECO, Trésor français
Source : Eurostat, FMI, Trésor français
Source : Eurostat, ELSTAT, OCDE
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Retraité de 77 ans, ancien pharmacien, Dimitris Christoulas s'est suicidé d'une balle dans la tête place Syntagma, devant le Parlement, en plein cœur d'Athènes. Dans sa lettre d'adieu, retrouvée par la police, il écrivait que le gouvernement avait « annihilé toute trace de ma survie », fondée sur une pension qu'il avait cotisée seul pendant 35 ans — sans aucune aide de l'État. Il refusait, disait-il, de finir par « fouiller les poubelles pour se nourrir ».
Son geste a provoqué une onde de choc dans tout le pays. Des milliers de Grecs se sont rassemblés place Syntagma pour lui rendre hommage, et sa mort est devenue le symbole mondial du désespoir grec face à l'austérité. Sur les fleurs déposées au pied de l'arbre où il s'est donné la mort, des inscriptions comme « Ce n'est pas un suicide, c'est un meurtre ».
« Le gouvernement a annihilé toute trace de ma survie, qui reposait sur une pension très digne que j'ai payée seul pendant 35 ans, sans aucune aide de l'État. Je préfère mourir dignement plutôt que de devoir fouiller les poubelles pour me nourrir. » — Lettre d'adieu de Dimitris Christoulas (traduction), 4 avril 2012.
Le 22 novembre 2012, un homme de 72 ans entre vers 9h30 dans une agence de la Fund of Deposits and Loans (le fonds de dépôts et de prêts grec). Après avoir versé de l'essence, il retient le directeur de l'agence en otage pendant près de trois heures, menaçant de mettre le feu au bâtiment et à lui-même. La police négocie longuement avant qu'il ne se rende.
Le geste de cet homme, dont les revenus avaient été rabotés par les mémorandums successifs, illustre la détresse des retraités grecs étranglés par les coupes dans les pensions — à quelques jours d'un nouveau tour de vis sur les retraites alors en discussion au Parlement.