Le 6 décembre 2008, Alexandros Grigoropoulos, 15 ans, est tué par balles par un policier dans le quartier d'Exarcheia à Athènes. Sa mort déclenche trois semaines d'émeutes dans tout le pays — les pires depuis la chute de la dictature en 1974. Ce n'est pas encore la crise de la dette, mais c'est le premier signal d'une jeunesse enragée contre l'État.
Le jour du vote du 1er mémorandum d'austérité, une grève générale paralyse le pays. La manifestation dégénère. Une banque Marfin est incendiée : 3 employés meurent asphyxiés. Parmi eux, Angeliki Papathanasopoulou, 32 ans, enceinte de 4 mois.
Le Premier ministre Papandréou déclare : « La démocratie ne peut pas être terrorisée. » Mais pour beaucoup de Grecs, les vraies victimes ne sont pas des cibles légitimes — ce sont des employés qui n'avaient rien à voir avec la crise.
Inspiré par le mouvement espagnol du 15-M, le mouvement des Indignés grecs occupe pacifiquement la place Syntagma pendant des semaines au printemps et à l'été 2011. Des centaines de milliers de citoyens — de toutes classes sociales — campent devant le Parlement.
Le slogan : « Voleurs, voleurs ! », visant la classe politique. Le 28 juin 2011, la police anti-émeute lance une opération d'évacuation. Human Rights Watch dénonce l'usage excessif de gaz lacrymogènes et de matraques contre des manifestants pacifiques.
« Des manifestants ont rapporté avoir été battus par la police alors qu'ils avaient les mains en l'air pour signifier qu'ils n'avaient pas l'intention de se battre. » — World Socialist Web Site, décembre 2008 (sur les méthodes policières récurrentes)
Le 28 juin 2015, après que la BCE a gelé le financement d'urgence (ELA), le Premier ministre Tsipras apparaît à la télévision nationale et annonce : les banques ferment pour une semaine, les retraits sont limités à 60€ par jour, les virements à l'étranger sont bloqués.
Les scènes font le tour du monde : des files de retraités devant les DAB, beaucoup sans carte bancaire, incapables de retirer leur pension. Les contrôles de capitaux — formellement levés en septembre 2019, soit plus de 4 ans après leur instauration — restent l'image la plus marquante de l'impuissance grecque.
Tsipras convoque un référendum sur le plan d'austérité proposé par les créanciers. Le 5 juillet 2015, les Grecs votent à 61,3% NON à l'austérité. Participation : 62,5%.
Huit jours plus tard, le 13 juillet, Tsipras signe un 3e mémorandum encore plus dur que celui rejeté par référendum. La « capitulation » — comme l'appelle une partie de la gauche européenne — inclut la privatisation de 50 milliards d'euros d'actifs publics.
Yanis Varoufakis, le ministre des Finances qui a démissionné le 6 juillet, révélera plus tard que l'Eurogroupe avait menacé de fermer les banques dès le 30 janvier 2015 — 5 mois avant leur fermeture effective — si Syriza ne renonçait pas à renégocier la dette.
« Soit vous signez le plan de la Troïka, soit les banques fermeront dans un mois. » — Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe, à Yanis Varoufakis, le 30 janvier 2015
Face à l'effondrement des services publics, les Grecs s'organisent :
« C'est un modèle entièrement nouveau — et il fonctionne. » — The Guardian, 23 janvier 2015
Un documentaire en profondeur sur la crise grecque, ses origines et ses conséquences sociales.
Enquête de la BBC sur l'impact humain de la crise de la dette grecque (2012).
Analyse de la crise de l'euro et du rôle de la Grèce dans la tourmente financière européenne (2015).
Vidéo pédagogique expliquant les mécanismes de la crise : euro, Lehman Brothers, FMI, austérité.